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Bonjour,

Hier je vous présentais un extrait du roman tout en évoquant la personnification de la crise d’angoisse. Article à  retrouver ici. À la demande d’une personne de mon entourage, j’ai accepté de décortiquer le cheminement de ce fléau. Âmes sensibles s’abstenir. Vous êtes prêts ? Alors entrons en salle d’autopsie.

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Bien sûr il est bon de rappeler que ce mal peut toucher n’importe qui et à n’importe quel moment. Je précise également que je ne suis pas médecin, les faits que j’avance ici ne sont tirés que de ma propre expérience en la matière et c’est peu dire si j’ai des années de pratique derrière moi. J’ajouterai enfin qu’après de nombreuses analyses, je suis saine d’esprit (mais était-ce vraiment utile de devoir le préciser 😉).

Je ne pense pas qu’il faille avoir des prédispositions pour subir un jour une crise d’angoisse. Même une personne avec un mental très fort peut se faire terrasser en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

La crise d’angoisse peut revêtir différentes formes ce qui lui permet de s’insinuer sournoisement en vous. Elle commence par vous murmurer quelques pensées négatives qui en un claquement de doigts peuvent vous plonger dans un tel état de terreur que même vos proches ne comprennent pas ce qui vous arrive.

Puis si les idées noires ne sont pas suffisantes, elle se déplace, vous contourne et se loge dans votre estomac. Elle l’enserre de ses mains puissantes jusqu’à ce que la moindre déglutition vous soit un supplice. Vous vous sentez impuissant face à tant d’acharnement. « Qu’est ce que je t’ai fait pour mériter cela ? », seriez-vous tentés de crier à ce corps qui vous échappe.

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Il arrive parfois (pour ne pas dire souvent) que la rapidité de l’attaque vous laisse le souffle coupé, comme si vous veniez de recevoir un coup de poing dans le ventre. D’ailleurs ne vient-elle pas de s’attaquer à votre estomac ?  La respiration se fait saccadée et plus vous tentez de contrôler ce corps – qui vous échappe totalement désormais – plus les symptômes s’accentuent.

Maintenant vous êtes pris de tremblements, légers tout d’abord puis de plus en plus puissants. Vous êtes incapables de faire le moindre mouvement coordonné. La seule solution que vous avez trouvé pour ne pas vous blesser est de vous allonger, pensant que cela suffira à apaiser la crise. Raté, c’est qu’elle tient à vous et elle vous le montre. On ne se debarrasse pas d’elle d’un geste de la main, non mais ! Pour la peine elle va vous tenir compagnie un petit moment encore.

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Alors vexée que vous souhaitiez tant son départ elle vous frigorifie. Rien ne peut désormais vous réchauffer, ni la couverture que vous a tendu votre conjoint, ni même le radiateur qui a été poussé à fond dans la pièce.  Alors vous succombez à ses désirs,  vous cessez la lutte car trop harassés par ce que vous venez de subir. Vous priez secrètement pour qu’elle en finisse avec vous. Les tremblements s’intensifient durant de longues minutes. Vous en perdez la notion du temps.

Puis elle vous abandonne aussi subrepticement qu’elle vous a assailli. La cause : vos idées noires ont disparu au moment même où vous avez accepté l’évidence de la situation. Vous ne pouvez pas tout contrôler ! Il faut savoir lâcher prise de temps à autre.  Alors vous retrouvez enfin une respiration plus fluide.  Petit à petit vous sentez la chaleur revenir dans votre corps : tout d’abord les pieds puis les mains et enfin l’ensemble de votre corps. Les tremblements cessent mais  ce noeud au creux de votre estomac va vous accompagner encore quelques temps, juste pour vous rappeler que vous n’êtes pas infaillible. Enfin, au comble de la fatigue due à cette lutte inégale, vous vous finissez par vous endormir.

Au final, c’était à quel propos cette crise d’angoisse ? Plus tard lorsque vous vous réveillerez vous vous direz peut être que vous vous êtes mis dans un tel état pour rien car parfois les crises d’angoisses surviennent sans cause précise. Dans d’autres cas, la crise aura su pointer une faille dans votre environnement qu’il sera nécessaire de combler afin de pouvoir aller de l’avant.

Bref si vous vous êtes reconnus dans ces quelques lignes c’est que vous avez déjà amorcé un travail sur vous-même, une sorte d’auto analyse de votre système. Bravo,  continuez ainsi ! Si j’osais je dirai que la voie de la guérison est proche, mais nous savons tous que ce n’est pas une maladie, voyons ! On nous a si bien répété que c’était du  « chiquet », oui vous savez bien, ces paroles réconfortantes qui nous viennent de personnes qui ne cherchent pas à comprendre le vrai fond du problème. Allez on en verra d’autres ! Courage à vous.

N’hésitez pas à réagir et partager vos expériences.

A bientôt.

Aloïsia

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