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Bonjour,

Aujourd’hui je vous propose un nouvel extrait de mon roman qui a trait à un mal que de nombreuses personnes connaissent. Il s’agit de la crise d’angoisse. A travers le pronom « Elle », j’ai voulu la personnifier afin d’expliquer le fait que la victime de la crise se retrouve entièrement démunie face à ce mal qui la ronge. Elle ne peut en aucun cas être simulée comme on me l’a si souvent répété. A ce moment précis,  c’est elle qui prend le dessus sur le corps et l’esprit, allant jusqu’à vous posséder tel un pantin dans les mains du marionnettiste.

Par ces quelques lignes je souhaite apporter tout mon soutien aux victimes de crises d’angoisses. Soyez forts, trouvez dans votre entourage le pilier qui vous empêchera de sombrer. C’est comme cela que j’ai pu en sortir.

Voici mon extrait. Bonne lecture.

Aloïsia

« Les absences de Paul étaient devenues plus fréquentes avec son nouvel emploi, l’éloignant de la maison des semaines durant. J’avais fini par m’y habituer et même par les apprécier. J’en venais parfois à me demander comment serait mon quotidien si Paul n’en faisait plus partie. Sans doute ne verrais-je plus poindre l’angoisse de son retour chaque vendredi soir ; celle qui prenait la forme d’une boule et qui s’installait sournoisement au creux de mon estomac, qui parfois me prenait à la gorge et ne voulait plus me lâcher jusqu’au lundi matin. Elle jouait avec moi, disparaissant parfois lorsque Paul rentrait de bonne humeur, pour mieux revenir, tel un boomerang me frappant de plein fouet. Alors elle m’emportait avec elle dans le vide abyssal, mon corps n’était plus parcouru que par des soubresauts dont je ne parvenais pas à contrôler les mouvements, je restais là, l’esprit en alerte mais incapable d’amorcer la remontée vers la surface. Un froid intense m’enveloppait tandis que ma bouche se desséchait et que ma respiration se faisait haletante. Se pouvait-il que l’on ressente les mêmes sensations lorsque la vie quittait notre enveloppe charnelle ? Puis elle me laissait enfin, étendue sur mon lit et recouverte d’une multitude de couvertures toutes destinées à redonner vie à chaque parcelle de mon corps anéantie par la crise d’angoisse qui venait de me terrasser. Pendant ce temps, Paul, qui fut dans les premiers temps inquiet et surpris par la violence de ces crises et qui s’y était habitué bien mieux que moi, m’exhortait de cesser mes « jérémiades ». S’il avait été juré, j’aurais obtenu d’après lui le César de la meilleure actrice. Mais il ne s’agissait pas d’un rôle, je subissais ces crises sans aucune issue de sortie. Enfin si, une lueur d’espoir apparaissait lorsque je pensais à Éric et à ses sages paroles. Je devais lui parler de vive voix, je devais être certaine de mes sentiments. »

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