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Cher journal,

Voilà ça s’est reproduit… Ça faisait un petit moment d’ailleurs que je ne m’étais pas sentie aussi mal. Il a recommencé… Comment peut-il encore prendre du plaisir à me détruire ? Quelques échanges de sms anodins et sans que je m’y attende, voici arrivé le message assassin, celui qui annonce une série de sms dont la seule visée est de me faire sombrer psychologiquement. Je pensais pourtant avoir trouver une parade. D’habitude, dès que je sentais le ton de l’échange se modifier ostensiblement, je coupais court à la discussion. Cette fois encore je ne l’ai pas vu venir.

(…)

Pour résumer j’ai quitté mon mari il y a maintenant deux ans et demi, après presque neuf ans de vie commune. Comme dans la plupart des couples, au début tout se passe bien, chacun faisant des concessions sur certains traits de la vie quotidienne pour que le couple s’épanouisse. Puis un jour, un déclic. Comment se fait-il que j’ai mis ma vie entre parenthèses pour me consacrer à mon couple alors que les efforts ne sont faits que dans un sens ? Il rentre de plus en plus tard, souvent alcoolisé et les crises sont de plus en plus fréquentes. Pourtant je n’ai pas réagi avant. Je me suis laissé entraîner dans une spirale dominatrice où chacune de mes décisions était fortement inspirée par sa personne.  (…)

Bref ce soir, après quelques SMS relatifs à  notre enfant, le coup de semonce arrive. Il s’en prend à Éric. Peut être n’admet-il pas que je puisse avoir trouvé un homme aimant, qui plus est s’occupe très bien de son beau-fils, à tel point qu’il le considère comme un deuxième père. Quoiqu’il en soit ça ne donne pas le droit à mon ex-mari de nous pourrir la vie !

Comme je le disais précédemment, habituellement je prends sur moi et je coupe court à la conversation. Cette fois-ci, il ne veut pas se contenter de mon silence et nous menace. Je sens bien qu’il parle sous le coup de l’alcool mais il est tellement impulsif que j’essaie une fois de plus de désamorcer la situation. On entend tellement de cas similaires dans les informations, des drames familiaux, que ça me fait peur. Je suis persuadée qu’il serait capable d’un tel geste. Donc j’essaie de détourner la conversation. Et là je me fais insulter, non pas que ce soit la première fois, mais je suis tellement fatiguée de devoir encore le gérer après plus de deux ans de séparation, que j’ai fini par lâcher prise. Je me suis effondrée en larmes devant mon fils qui ne comprenait pas pourquoi son père pouvait me faire pleurer. Ce n’est certainement pas à un enfant de consoler sa mère, mais bien à moi de le protéger !

Certes, je ne veux pas qu’il déteste son père. Si un jour il doit s’éloigner de lui, ce sera parce qu’il l’aura percé à jour, mais pas parce que je lui aurais raconté mes malheurs. Il n’était qu’un petit garçon lorsque les crises conjugales ont commencé, je ne souhaite pas que cela l’affecte pour ses relations futures.

En attendant j’écris, comme à mon habitude. C’est devenu une sorte de thérapie lors de mes nuits d’insomnies. Car ça aussi je l’ai perdu, le sommeil, tout comme la sérénité. Dès que tout va bien dans ma vie, du moins pendant quelques temps, je me dis que ce n’est pas normal, qu’il va nous arriver un problème, une contrariété. Comme si je n’avais plus le droit à une vie normale. Son emprise sur nos vies ne cessera-t-elle donc jamais ?

(À suivre)

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