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Comment en étions-nous arrivés à nous disputer à cinq jours de Noël ? La journée avait pourtant débuté normalement. Nous étions affairés dans nos tâches quotidiennes lorsque je sentis un ras le bol affleurer mon esprit. Une sorte d’état de fatigue générale qui vous donne envie d’aller vous coucher sur le champ ou de vous enfermer dans une bulle pour le restant de la journée.  C’est peut être ce que j’aurais dû faire plutôt que d’essayer de surmonter cet état d’esprit. Quoi qu’il en soit, là journée s’était plutôt déroulée sous de bons auspices, blaguant et chahutant comme de grands enfants, jusqu’à l’heure fatidique du choix du programme télévisé du soir.

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Comme à l’accoutumée en cette période de fêtes, il nous fallait choisir entre les sempiternelles rediffusions de vieux films ou quelques documentaires sur les marchés de Noël ou les préparatifs des fêtes.  Elliott voulait passer la soirée avec nous, aussi pour lui faire plaisir je proposais de regarder Les Cinq Légendes, idéal pour rester dans l’ambiance de Noël. J’espérais passer une bonne soirée en famille. C’était sans compter sur Éric et son apparente aversion pour toute fiction. Il décréta que ce programme ne l’intéressait pas et qu’il allait faire autre chose. Exit la soirée en famille. Me levant d’un bond, et sous le coup de la frustration face à une soirée qui tournait court, je leur indiquai que j’allais me coucher et qu’il leur fallait se débrouiller.

Éric me demanda de rester qu’il allait faire un effort. Celui-ci consista en un bras passé autour de mon cou alors qu’il somnolait devant la télévision. Était-ce donc cela sa conception d’une soirée en famille? Ou bien était-ce moi qui avait encore une fois mis la barre trop haute ? Étais-je donc devenue exigeante à ce point que de vouloir instaurer un semblant d’esprit de Noël dans notre maison ? A l’heure où Elliott me faisait comprendre qu’il ne croyait plus au père Noël, et où Éric me reprochait de vouloir encore lui cacher la vérité, un étau semblait se resserrer autour de mon cœur. Dans mon imagination, la période des fêtes consistait à passer un maximum de temps avec ses proches, à lire des contes de Noël aux enfants, écouter des musiques sur le même thème tout en dégustant, en famille, les sablés en forme de sapin ou de bonhomme en pain d’épices que l’on avait réalisés un peu plus tôt dans la journée. Cela signifiait également le déversement d’un trop plein d’amour sur la maisonnée, des câlins, des embrassades à n’en plus finir, des fou rires communicatifs, bref de l’amour à profusion.

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Au lieu de cela, au terme d’une soirée emplie de frustrations – Eric étant parti au lit de bonne heure prétextant une migraine et Elliott m’ayant abandonnée seule dans le salon sitôt le film terminé –  je finis par aller me coucher le cœur gros et les larmes ne tardèrent pas à rouler d’elles-mêmes le long de ma joue alors que j’essayais de comprendre la situation. Moi qui n’avais jamais eu la chance de fêter un vrai Noël lorsque j’étais enfant, j’avais peut être envisagé les vacances sous le signe d’une perfection telle que l’on ne pouvait la dépeindre qu’à travers les films. Était-ce faire preuve de naïveté ou bien utopique de ma part que de vouloir recevoir autant d’amour que je m’évertuais à distribuer ? Sans trouver la réponse à mes interrogations je finissais par me laisser sombrer dans un sommeil sans rêve.

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